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L’archétype de la Terre-Mère

La Terre-Mère, la Pachamama pour les Péruviens,

est la première mère nourricière de l’humanité.

Elle nous donne à manger, elle nous donne à boire, elle nous donne un abri,

elle nous donne l’air, le feu, le bois, l’eau, la matière pour vivre.

Elle nous donne la vie. Cette conception animiste proche des amérindiens

et de tout peuple premier rejoint des idées écologiques

qui permettraient d’envisager une économie durable.

Cette connexion première aurait dû être respectée,

aurait pu être maintenue afin de vivre dans un paradis

comme le peuple Andaman qui refuse tout contact avec le reste de l’humanité,

préservant ainsi sa spécificité biologique et culturelle.

Ce peuple premier est comme la mémoire vivante de nos ancêtres,

ces ancêtres qui vénéraient la Terre et la femme.

Rappelons que durant trois millions d’années, alors que l’humanité aiguisait le silex,

la Déesse-Mère était vénérée.

On en trouve une illustration au musée d’Ankara sous forme d’une statuette archéologique.

Il est fort probable que la femme et le mystère de l'enfantement,

la beauté de l'allaitement aient été adorés.

Mais, globalement, l’humanité a choisi un autre chemin,

un chemin de chute et, peut-être,

un chemin de lente remontée vers une connaissance plus intérieure,

approfondie, entière, véritablement sachante sachante

-clin d’œil au sapiens sapiens.

La Terre a quelques 3,5 milliards d’années.

Acceptons d’adopter un comportement teinté d’un rien d’humilité

(mot qui provient de « humus »)

nous rappelant d’où nous venons : de cette Terre-Mère !

Cette connexion avec la Terre-Mère peut être salvatrice pour l’être humain.

Elle peut donner à ce dernier plus de sens à son existence,

le remettant à sa juste place parmi les microbes, les plantes, les champignons

et les autres animaux et lui faisant comprendre qu’il fait partie d’un tout bien plus grand que lui.

La nature nous enseigne plus que ce que les livres peuvent nous transmettre,

nous dit à peu près Saint Bernard.

Peut-être qu’une conscience va s’éveiller avec l’urgence de prendre soin de nos vies

face à trois millions d’années à tailler les silex,

cinq mille ans à écrire l’Histoire

et quelques décennies à détruire l’écosystème.

Serions-nous en train de prendre la tangente vers une hypothétique Posthistoire ?

 

extrait du livre à paraitre "Territoires Féminins, Marianne Bastogne, l'âme de la Colline"